Maloya.

Une âme réunionnaise, née de la lutte des peuples qui ont vu leur liberté bafouée.

33 artistes 3 siècles d'histoire 2009 patrimoine UNESCO

Trwa syek listwar

Du kabaré à l'UNESCO

  1. XVIIIe-XIXe

    Né dans la nuit des plantations

    Dans les camps des plantations sucrières, les esclaves venus de Madagascar, du Mozambique et d'Afrique de l'Est — rejoints plus tard par les engagés indiens — chantent leur douleur, leur révolte et leurs ancêtres. Le maloya se vit lors des servis kabaré, cérémonies nocturnes d'hommage aux aïeux, entre transe, rhum et prières.

  2. Toujours

    Trois instruments, un battement

    Le rouleur (tambour grave sur lequel on s'assoit), le kayamb (radeau de tiges de canne empli de graines, qui chuinte comme la pluie) et le piker (bambou frappé), rejoints par le bobre et le sati. Un chanteur lance, le chœur répond : dialogue infini entre les vivants et les morts.

  3. 1946-1970

    Interdit, marginalisé, résistant

    Méprisé, écarté des ondes et des lieux publics, jugé subversif, le maloya survit en secret dans les cours et les fonds de cases. Le pratiquer, c'est résister : il devient le chant de l'identité réunionnaise et de la dignité retrouvée.

  4. 1976

    La renaissance

    Firmin Viry ose le porter sur scène et sur disque. Granmoun Lélé, Lo Rwa Kaf puis Danyèl Waro l'imposent comme un art majeur, avant que Ti Fock, Ziskakan et Baster ne l'électrisent dans les années 1980-90.

  5. 2009

    Patrimoine de l'humanité

    Le 1er octobre 2009, l'UNESCO inscrit le maloya au patrimoine culturel immatériel de l'humanité. Enseigné, célébré du 20 désanm (fèt kaf) aux plus grands festivals, il rayonne désormais sur toutes les scènes du monde.

  6. Zordi

    Une âme toujours vivante

    Du kabaré traditionnel à l'électro-maloya, une nouvelle génération (Kreolokoz, Saodaj, Trans Kabar, Labelle…) fait battre le rouleur plus fort que jamais — preuve qu'un héritage né de la souffrance peut devenir une fierté universelle.

Zarboutan nout kiltir

Les artistes du maloya